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Guide

Signalisation temporaire de chantier : les règles de l'IISR

Tout chantier sur une voie ouverte à la circulation doit être signalé. La 8e partie de l'Instruction interministérielle sur la signalisation routière fixe comment : panneaux, balisage, distances, marquage jaune, alternat, dispositions de nuit et en ville. Ce guide en reprend l'essentiel, avec les cotes.

  • Publié le 27 septembre 2026

Le cadre : la 8e partie de l’IISR

La signalisation de chantier sur les voies ouvertes à la circulation publique relève de la 8e partie de l’Instruction interministérielle sur la signalisation routière (IISR), Signalisation temporaire. Son article 119 pose le principe : les chantiers routiers, quelle que soit leur ampleur, doivent faire l’objet d’une signalisation temporaire. Son article 135 précise à qui elle s’impose : gestionnaires de voirie, entreprises de travaux routiers, concessionnaires de réseaux, titulaires d’une autorisation de voirie et, plus largement, tous ceux qui exécutent des travaux sur le domaine routier.

Les cotes et règles ci-dessous proviennent de la version consolidée publiée par le ministère chargé des transports. Seuls les textes publiés au Journal officiel font foi. Un arrêté du 11 avril 2023 a encore modifié l’article 133 (flèches lumineuses sur routes à chaussées séparées).

Quatre principes

  1. Adaptation : la signalisation dépend de l’entrave, du réseau, de la durée, des horaires et du trafic.
  2. Cohérence : lorsque la signalisation temporaire contredit la signalisation permanente, les panneaux permanents concernés sont masqués.
  3. Valorisation : la signalisation doit rester crédible ; elle évolue avec le chantier et est enlevée dès que son motif a disparu. Des contrôles fréquents sont indispensables.
  4. Concentration et lisibilité : pas plus de deux panneaux groupés, exceptionnellement trois.

Les trois temps de la signalisation

Temps Rôle Dispositifs courants
Approche avertir et imposer les prescriptions panneau de danger AK5 (travaux) ou AK14 (autres dangers), AK3 (chaussée rétrécie), KC1 pour les chantiers importants, limitation de vitesse B14, interdiction de dépasser B3
Position délimiter l’obstacle biseau, signal K8, cônes K5a, balises K5c, séparateurs K16, barrage K2
Fin de prescription lever les restrictions panneau de fin de prescription, ou panonceau d’étendue M2 sous les panneaux de prescription

Le premier panneau rencontré est l’AK5 ou l’AK14. Les panneaux de prescription sont toujours précédés d’au moins un panneau de danger.

Distances d’implantation

Règle (article 125) Route bidirectionnelle Route à chaussées séparées Agglomération
Entre deux panneaux ou groupes de panneaux environ 100 m environ 200 m 10 m minimum
Dernier panneau d’approche avant la signalisation de position environ 100 m environ 100 m 10 m minimum
Si l’approche se réduit à un seul signal environ 150 m environ 200 m 30 m minimum
Présignalisation d’une déviation 200 m entre panneaux 200 m –
Rappel des prescriptions au droit du chantier environ tous les 2 km environ tous les 2 km –

Pour les chantiers à progression très lente, la distance entre la dernière signalisation d’approche et la zone peut atteindre 500 m. Les panneaux sont posés et déposés dans un ordre qui garde le dispositif cohérent à tout moment.

Biseaux et balisage

Les rétrécissements de chaussée sont introduits, hors chantiers mobiles, par un biseau matérialisé sur la chaussée, d’une inclinaison de un trentième à un quarantième. Il est réalisé avec des cônes K5a complétés de panneaux B21a, des balises K5c ou des séparateurs K16. Lorsque deux voies sont neutralisées, on réalise deux biseaux séparés par un alignement droit.

Sur route à chaussées séparées, la séparation de courants de sens opposés est toujours assurée par un balisage vertical : cônes, balises ou séparateurs modulaires.

Les principaux dispositifs et leurs dimensions

Dispositif Description Dimensions
K1 fanion drapeau rouge sur hampe drapeau 500 × 400 mm, hampe d’environ 1 000 mm
K2 barrage barrage à bandes, revers « FIN DE CHANTIER » ou gris 1 400 × 200 mm (petite), 1 750 × 250 mm (normale), 2 450 × 350 mm (grande), 2 800 × 400 mm (très grande)
K5a cône bandes blanches et rouges, autostable hauteur 500 mm (petite), 750 mm (normale), 1 000 mm (grande)
K5b piquet une ou deux faces faces 375 × 150 mm, support de 1 100 mm
K5c balise d’alignement bandes rouges et blanches à 45° hauteur de 600 à 1 000 mm
K8 signal de position d’une déviation ou d’un rétrécissement annexe II de la 8e partie
K16 séparateur modulaire de voies annexe II de la 8e partie

Les dispositifs K5 ne doivent pas être remplacés par des fûts métalliques. Tous les signaux temporaires sont rétroréfléchissants, sauf les feux et quelques signaux lumineux ; les panneaux AK, KC et KD sont à fond jaune. Les panneaux sont implantés en général à 1 m de hauteur, parfois 2,30 m, et jusqu’à 0,50 m sur supports posés au sol.

Le marquage temporaire jaune

Lorsque les usagers doivent suivre des trajectoires différentes du marquage permanent (déport, séparation des sens, biseau), le guidage est assuré par du balisage vertical, par du marquage temporaire, ou par les deux. L’article 122 fixe les règles :

  • couleur : le marquage temporaire et les plots associés sont jaunes ;
  • largeurs et modulations : les mêmes que pour le marquage permanent ;
  • séparation des sens opposés : toujours une ligne continue ;
  • ligne de rive : continue, sauf s’il existe un accotement où l’arrêt d’urgence est possible ;
  • annonce : la présignalisation des lignes continues n’est pas utile ; si elle est jugée utile, une ligne T3 sans flèches de rabattement sur au moins 50 m ;
  • îlots et divergents : précédés d’une ligne continue d’au moins 50 m ; convergents prolongés d’au moins 50 m ;
  • effacement : les marques temporaires doivent pouvoir être effacées ou masquées sans traces résiduelles trompeuses, et le marquage permanent contradictoire est effacé ou masqué pendant le chantier.

Pour les modulations et largeurs de référence, voir notre guide ligne continue et ligne discontinue.

Prescriptions et arrêté de circulation

Les prescriptions les plus courantes sont les limitations de vitesse, les interdictions de dépasser, de stationner ou de s’arrêter. Elles doivent faire l’objet d’un arrêté de l’autorité investie du pouvoir de police sur la voie. Une limitation de vitesse n’est pas toujours nécessaire ; lorsqu’elle est dégressive, elle procède en règle générale par paliers de 20 km/h, sur deux niveaux (110 puis 90, 90 puis 70, ou 70 puis 50 km/h).

Circulation alternée

L’alternat peut être réglé par des feux tricolores temporaires KR11, par des signaux manuels K10, par les panneaux B15 et C18, ou, en intervention d’urgence, par un panneau KC1 ou un signal KXC50 sur véhicule. Pour les feux KR11 :

  • ils sont précédés d’un panneau AK17 ;
  • l’axe du feu inférieur est à plus de 2 m du sol ;
  • le jaune fixe dure 5 secondes ;
  • un temps de rouge de dégagement permet au dernier véhicule engagé de sortir de la zone avant l’arrivée du sens opposé.

Les signaux K10 sont à éviter la nuit ou par mauvaise visibilité. En chantier fixe, l’alternat par K10 est annoncé par un KC1 « CIRCULATION ALTERNÉE ».

Chantier de nuit

Que le chantier travaille ou non la nuit, la signalisation est renforcée (article 129). Sur route bidirectionnelle, le premier panneau de danger est rétroréfléchissant de classe 2 ou équipé de trois feux de balisage et d’alerte. Sur route à chaussées séparées, tous les panneaux d’approche et de position sont de classe 2, le premier panneau de danger reçoit trois feux synchronisés, et la zone frontale et les biseaux sont renforcés par des feux.

Chantier en ville

L’article 132 adapte les règles au milieu urbain :

  • panneaux de gamme petite admis dans les rues étroites, distance entre panneaux réduite jusqu’à 10 m ;
  • panneaux sur trottoir, à 0,50 m du bord de chaussée, en laissant au moins 0,90 m libre aux piétons ;
  • balisage frontal par barrières K2 ou K8, longitudinal côté circulation par K5 ou K16, côté trottoir par K14 complétés de barrières stables en cas de danger ;
  • largeur laissée libre aux piétons de 1,40 m lorsque le chantier empiète sur le trottoir, sinon passage protégé sur la chaussée ou traversée vers le trottoir opposé ;
  • passerelle avec garde-corps au droit des tranchées perpendiculaires au trottoir ;
  • accès des riverains maintenu ;
  • reconstitution des bandes cyclables interrompues lorsque le trafic et la durée le justifient.

Les personnes sur le chantier

Toute personne intervenant à pied sur le domaine routier à l’occasion d’un chantier doit porter un vêtement de signalisation à haute visibilité de classe 2 ou 3 (article 134). Les véhicules d’intervention sont équipés des feux spéciaux et de la signalisation complémentaire prévus par la réglementation.

Notre intervention

SMPL pose, entretient et dépose la signalisation temporaire et le marquage jaune de vos chantiers ; nous ne louons pas de matériel. Nous préparons le schéma de signalisation, vous transmettons les éléments nécessaires à l’arrêté de circulation, puis nous assurons la pose, les contrôles pendant le chantier et la dépose. Pour un chantier à venir, faites une demande de devis.

Questions fréquentes

Vos questions

Faut-il un arrêté pour signaler un chantier ?

Dès que la signalisation comporte des prescriptions (limitation de vitesse, interdiction de dépasser ou de stationner, alternat), leur pose doit être autorisée au préalable par un arrêté de l'autorité investie du pouvoir de police sur la voie, sauf force majeure. Des arrêtés permanents peuvent couvrir les chantiers courants.

Quelle est la hauteur d'un cône de chantier ?

Le cône K5a, à bandes rouges et blanches, mesure 500 mm en gamme petite, 750 mm en gamme normale et 1 000 mm en gamme grande. Sa rétroréflexion peut être limitée à sa partie blanche.

À quelle distance placer les panneaux avant un chantier ?

Normalement environ 100 m entre panneaux ou groupes de panneaux sur route bidirectionnelle, 200 m sur route à chaussées séparées et au moins 10 m en agglomération. Le dernier panneau d'approche est à environ 100 m de la signalisation de position en rase campagne.

Pourquoi le marquage de chantier est-il jaune ?

L'IISR impose la couleur jaune pour le marquage temporaire et les plots associés, afin de le distinguer du marquage permanent blanc. Le marquage permanent contradictoire doit être effacé ou masqué pendant le chantier.

SMPL loue-t-elle des panneaux de chantier ?

Non. SMPL pose, entretient et dépose la signalisation temporaire dans le cadre d'une prestation de balisage, conformément au schéma retenu et à l'arrêté de circulation.

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